Solidarités : anticiper les évolutions liées à l’allongement de la durée de la vie

Lutter contre l’isolement / Faciliter la mise en oeuvre des nouveaux modes de partage de logement / Multiplier les logements en rez-de-chaussée & poursuivre les efforts d’accessibilité / Tirer profit des expertises scientifiques et médicales locales pour développer une économie et une excellence du service aux aînés / etc.

Grâce à un urbanisme variant les formes d’habitat mais aussi grâce à l’expertise médicale et sociale proposée par les professionnels de Bron, les personnes âgées s’y domicilient en nombre. De ce fait, si le vieillissement de la population – avec l’entrée depuis peu dans ce que l’on appelle le « papy-boom » – est une réalité nationale, c’est d’autant plus le cas à Bron. Aussi est-ce que la population Brondillante des plus de 75 ans a augmenté de plus de moitié entre 1999 et 2009. Ce sont là les chiffres de l’Insee les plus récents et cette tendance semble même s’être accélérée depuis. Nos politiques publiques locales doivent s’adapter à cette réalité, avec une vraie responsabilité en la matière des choix faits par les élus locaux.

Bron a toute les qualités pour être une cité brillant par son excellence dans l’accueil et l’accompagnement apporté à ses personnes âgées. Aussi est-ce que nous assumons l’idée, pour le bien de nos ainés autant que celui de nos jeunes, que nous devons saisir cette opportunité pour développer un secteur d’activité économique d’excellence dans ce domaine. Créateur d’emplois pour nos jeunes, il sera aussi le garant de meilleures conditions de vie pour nos ainés, et de rayonnement pour notre ville. Nous nous engageons à ce que ce soit le cas.

C’est d’abord un état d’esprit qui doit exercer sa vigilance à ce sujet à chaque instant, sur de très nombreux détails, pour faciliter la vie des seniors, leur accompagnement, leur bien-être dans la ville. Dans TOUTE la ville. Ainsi certains quartiers voient des espacements très grands entre les points de repos (bancs publics) y compris sur des chemins d’allers et retours de zones habitables à zones commerçantes. Nous pensons qu’une attention particulière doit y être apportée, ce qui – notamment dans les quartiers qui ont vu le nombre d’habitations augmenter – cette considération n’a pas toujours été prise en compte. Nous poursuivrons et developperons la politique de prévention des risques liés à l’isolement de certaines personnes âgées telles que mise en œuvre par le CCAS, les centres sociaux et les associations. Nous souhaitons toutefois limiter le risque d’éparpillement de l’action ou de son manque d’accompagnement en proposant de manière régulière (semestrielle) d’offrir à nos agents du CCAS un partenariat avec des professionnels extérieurs afin de les accompagner dans une démarche d’enquête qualitative tant auprès des bénéficiaires qu’auprès des services afin de trouver avec eux les pistes d’amélioration des services rendus à nos ainés qui pourront être ensuite proposées aux élus.

Nous observons qu’avec la « métropolisation » du Grand Lyon, la prise en charge des dépendances qui était hier à la charge du Conseil Général seront pris en charge par l’agglomération. Cette grande mutation présente des opportunités autant que des risques. On ne peut se permettre une perte de la qualité des services du fait de cette évolution. Du fait des expertises présentes sur son territoire, Bron ne sera pas la dernière à devoir dire son mot sur les choix qui seront effectués en la matière. Nous souhaitons donc que les élus qui représenteront la ville au sein de la métropole pèsent pour que la fiabilité des dispositifs prime sur les expérimentations hasardeuses. La réorganisation administrative sera elle-même un challenge. Il ne faut pas ajouter à ce défi des risques non calculés. L’enjeu est trop important pour les bénéficiaires. La fiabilité du service qui leur est offert doit être une considération prioritaire.

L’OFFRE DE LOGEMENTS ET L’URBANISME

Le vieillissement de la population a parmi ses conséquences le besoin de multiplier les logements en rez-de-chaussée. A concentration humaine identique, il est important de concevoir l’organisation du bâti différemment. Il est dangereux et lourd de conséquence que nombre de nos ainés vivent dans des appartements au sommet de grandes et hautes tours aux pieds desquelles s’étendraient de large surface bétonnées. L’ensemble de la politique de la ville doit prendre en compte cet aspect, en particulier lors de nouvelles constructions.

De même, pour favoriser la mixité intergénérationnelle faut-il, dans un même bâtiment, varier les types de logements. Pour favoriser les échanges entre générations et entre couches sociales, pour développer notre vivre ensemble, nous devons éviter de dédier des bâtiments et des quartiers entiers à un et unique type de ménages, parce que nous n’y aurions qu’un et unique format d’habitat. Les besoins des jeunes couples, des jeunes familles, des familles monoparentales, des personnes âgées sans personne à charge, ou des étudiants, ne sont bien sûr pas les mêmes. L’augmentation du nombre de séniors doit nous obliger à s’assurer de l’existence d’une offre de logement leur correspondant qui soit suffisamment bien répartie sur la ville.

La construction d’une EPHAD à Bron est devenue une évidence pour tous qui n’a été que trop retardée. Nous soutiendrons bien sûr sa réalisation rapide et concertée. Parmi les objectifs que nous fixerons dans le cahier des charges nous apporterons une attention particulière à ce qui peut réduire l’isolement, la fracture entre les générations et les effets de l’éloignement familial. De ce fait nous travaillerons à ce que cette construction comprenne celle d’une crèche dont une partie sera accessible aux familles Brondillantes tandis que quelques places seront mise à disposition des familles des usagers de l’EPHAD afin d’y accueillir ponctuellement ou régulièrement des enfants de leur famille : (arrières-)petits-enfants ou (arrières-)petits-neveux/nièces.

Nous faciliterons et accompagnerons, par la mise en lien proactive des acteurs et bénéficiaires potentiels, le développement des solutions innovantes alternatives aux actuelles offres d’hébergement des personnes âgées ou retraitées qui sont, essentiellement, les maisons de retraites (médicalisée ou non) et le maintien à domicile. Nous faciliterons, en particulier les dispositifs d’habitat partagé intermédiaires entre l’habitat individuel traditionnel et l’hébergement collectif (béguinage laïque, maisons des Byayaga, etc.) ainsi que celles favorisant le logement intergénérationnel. Pour ce dernier aspect nous reprendrons et amplifierons le dialogue (aujourd’hui insuffisant) avec le campus de Bron de l’Université Lumière afin que se développent des partenariats permettant de faciliter et accompagner le logement partagé entre personnes âgées et étudiants. Ces solutions sont dans l’intérêt humain comme financier des deux parties mais nécessitent un accompagnement facilitateur. Aussi nous proposerons des modèles de chartes et de conventions permettant une forme de contractualisation tripartite entre la ville, les étudiants et les ainés. Cela permettra d’apporter de sécuriser ces dispositifs et par là même de désinhiber ceux qui n’osent pas passer ce pas par crainte de ne pas trouver le cadre leur fournissant suffisamment de sérénité.